« Réparer des bulles de savon éclatées et faire sourire des poupées de chiffon ça peut prendre du temps »

Katarina MazettiElle, c’est Désirée, lui, c’est Benny.

Elle est bibliothécaire et citadine, il est agriculteur et vit à la campagne. Elle aime le théâtre, l’opéra, la lecture; il ne comprend pas que l’on puisse lire de son plein gré, passe son temps aux champs ou dans son étable, discute tracteurs. Elle aime les couleurs claires, les lignes épurées, les draps propres, manger frais et bio;  il sent le fumier, sa maison est poussiéreuse et remplie de canevas brodés, il avale des surgelés. Elle est frêle et fragile, il est bourru et maladroit.  Il la trouve « beige », cette « crevette »… Elle le trouve sale et plouc ce « forestier »… Autrement dit, tout les oppose et sans doute ne se seraient-ils jamais rencontrés si ils n’avaient pas été… voisins de cimetière…

Orjan était le mari de Désirée, mort trop tôt, accidentellement, alors qu’ils menaient une vie tranquille, peut-être un peu trop d’ailleurs. Depuis elle lui rend visite chaque jour ou presque. Lui, c’est sa mère qu’il vient pleurer. Atteinte du cancer, elle est partie avant qu’il ne trouve une belle-fille à lui présenter en laissant derrière elle une ferme sans personne pour s’occuper des papiers, de la cuisine, du ménage, du linge et de toutes ces tâches qu’elle accomplissait, comme si de rien n’était.

La suite, nous ne la raconterons pas. Entre éclair et coup de tonnerre, passion et désillusion, pulsion et raison, amour et doute, complicité et incompréhension; nul ne sait où ce couple improbable ira, au delà des codes sociaux, ou pas… Mais ce que l’on sait en revanche c’est que Katarina Mazetti nous fait partager avec ce roman une histoire d’amour plus moderne que jamais, mêlant avec un talent fou l’humour, la sensibilité et les pensées intimes de chacun de ces héros auxquels, inévitablement, le lecteur s’identifie dès les premières lignes.

Au détour d’un trajet en Tram dans Paris, j’ai découvert il y a quelques temps qu’une adaptation tragi-comique existait déjà. Ne pouvant résister à la tentation d’y assister, me voilà partie pour acheter un place. Rendez-vous le 21 mai 2011 aux Bouffes Parisiens.

Au théâtre, Désirée devient Daphnée, Benny devient Jean, Orjan devient Hugo…

J’ai fait connaissance avec une femme que j’aurais imaginée plus fragile et un homme de la terre dont je m’étais fait une image presque similaire : dur et tendre, brute et coeur d’artichaut à la fois.  Si en règle générale, je suis souvent déçue par les adaptations, ce n’est pas vraiment le cas cette fois; simplement un regret sur le changement des prénoms que je trouvais attachants et plus fidèles aux origines suédoises du roman. Sophie Broustal et Marc Fayet nous offrent une pièce juste, subtile et forte au coeur d’un décor et d’un jeu de lumières simples mais parfaitement adaptés : d’une tombe à une chambre, de chez elle à chez lui, du cimetière à une étendue de terre.

Une pièce à voir, une expérience à vivre, comme le dit le Figaro : « …Au théâtre on assiste parfois à des petits miracles, c’est le cas… » (2 nominations aux Molières 2011, Meilleur spectacle du théâtre privé, Meilleur adaptateur).

Le Mec De La Tombe d’à Côté, Katarina Mazetti, Editions Babelio , à trouver dans toutes les bonnes librairies

Le Mec de la Tombe d’à Côté, Théâtre des Bouffes Parisiens, jusqu’au 09 juillet 2011

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